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Bac de français

Figures de style : la liste par familles, avec exemples

Une figure de style, c’est un écart volontaire par rapport à la façon ordinaire de dire les choses, pour produire un effet. Le problème, quand on les apprend en vrac, c’est qu’on les confond. Classées par familles — ce qu’elles font au texte — elles deviennent beaucoup plus faciles à retenir et surtout à repérer. Voici la liste organisée, avec un exemple juste pour chacune, puis la méthode pour les commenter.

Les figures d’analogie : rapprocher deux réalités

  • Comparaison : rapproche deux éléments à l’aide d’un outil de comparaison (comme, tel, semblable à, ressembler à, plus… que). Baudelaire : « Le Poète est semblable au prince des nuées » (« L’Albatros »).
  • Métaphore : le même rapprochement, mais sans outil de comparaison. Un exemple de métaphore célèbre, chez Hugo, pour désigner le croissant de lune : « Cette faucille d’or dans le champ des étoiles » (« Booz endormi »).
  • Métaphore filée : une métaphore prolongée sur plusieurs vers ou plusieurs phrases, par des mots appartenant à la même image. Chez Hugo, la faucille appelle le champ, la moisson, le moissonneur.
  • Personnification : attribue des comportements, des sentiments ou des paroles humaines à une chose, un animal ou une idée. Lamartine s’adresse au temps comme à une personne : « Ô temps, suspends ton vol ! »
  • Allégorie : représente une idée abstraite sous une forme concrète, souvent une figure humaine. La Mort en squelette armé d’une faux, la Justice en femme aux yeux bandés tenant une balance.

Deux cousines à connaître, qui reposent non sur l’analogie mais sur le remplacement : la métonymie, qui désigne une chose par un terme qui lui est lié (« boire un verre » pour boire son contenu, « lire un Hugo » pour lire son œuvre), et la périphrase, qui remplace un mot par une expression qui le décrit (« l’astre du jour » pour le soleil).

Les figures d’insistance : amplifier

  • Anaphore : répétition d’un même mot ou groupe de mots en tête de phrases, de vers ou de propositions successives. De Gaulle, en 1944 : « Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! mais Paris libéré ! »
  • Répétition : reprise du même terme, sans position fixe, pour marteler une idée ou installer une obsession. Molière, dans Le Tartuffe : « Je l’ai vu, dis-je, vu, de mes propres yeux vu. »
  • Hyperbole : exagération manifeste. « Je te l’ai dit mille fois », « mourir de rire ».
  • Gradation : succession de termes d’intensité croissante (ou décroissante). Corneille, dans Le Cid : « Va, cours, vole, et nous venge ! »
  • Accumulation : énumération de termes de même nature qui donne une impression d’abondance ou de débordement.

Les figures d’opposition : mettre en tension

  • Antithèse : rapproche deux termes ou deux idées opposés dans une même phrase. Baudelaire : « Je suis la plaie et le couteau ! » (« L’Héautontimorouménos »).
  • Oxymore : alliance de deux mots de sens contradictoires à l’intérieur d’un même groupe. Corneille : « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles » (Le Cid). Autre exemple : « un silence assourdissant ».
  • Chiasme : construction en miroir, sur le schéma AB / BA. Molière, dans L’Avare : « Il faut manger pour vivre, et non pas vivre pour manger. »
  • Ironie (antiphrase) : dire le contraire de ce que l’on pense, en laissant des indices (exagération, contexte, décalage). « Quel temps magnifique ! » sous une averse. Dans Candide, Voltaire fait répéter à Pangloss que tout va « pour le mieux » dans « le meilleur des mondes possibles », pendant que les catastrophes s’enchaînent.

Retiens la différence entre antithèse et oxymore : l’antithèse oppose deux éléments distincts dans la phrase, l’oxymore soude les deux contraires dans le même groupe de mots.

Les figures d’atténuation : dire moins

  • Euphémisme : adoucit une réalité brutale ou gênante. « Il nous a quittés » pour « il est mort ».
  • Litote : dit moins pour suggérer plus, souvent en niant le contraire. Chimène à Rodrigue, dans Le Cid : « Va, je ne te hais point » — autrement dit : je t’aime toujours.

Elles se ressemblent, mais l’intention diffère : l’euphémisme masque pour ménager, la litote suggère davantage que ce qu’elle dit.

Les figures de sonorité : faire entendre

  • Allitération : répétition d’un même son consonne. Racine, dans Andromaque : « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? » (allitération en [s]).
  • Assonance : répétition d’un même son voyelle. Verlaine, dans « Chanson d’automne » : « Les sanglots longs / Des violons / De l’automne » (assonance en [ɔ̃]).

Attention : un son répété ne « veut » rien dire tout seul. Le [s] de Racine ne siffle que parce que le vers parle justement de serpents. C’est le sens du passage qui donne son effet à la sonorité, jamais l’inverse.

Comment commenter une figure : procédé → effet → sens

Repérer ne rapporte aucun point. Écrire « il y a une métaphore » est un constat, pas une analyse. Le raisonnement attendu tient en trois temps.

  1. Le procédé : nomme-le et cite le texte précisément. « L’oxymore “obscure clarté”… »
  2. L’effet : décris ce que ça produit concrètement sur le lecteur — une image, une sensation, un rythme, une contradiction. « …crée une image impossible, une lumière incertaine qui trouble la perception. »
  3. Le sens : relie cet effet au propos du passage. « …et transforme ce combat nocturne en scène irréelle, presque héroïque, à la mesure de l’exploit que Rodrigue raconte. »

Trois réflexes pour éviter les pièges habituels :

  • Ne cherche pas la figure la plus rare. Une comparaison bien exploitée vaut mieux qu’un chiasme mal identifié.
  • Regroupe. Trois procédés qui produisent le même effet forment un argument solide, bien plus convaincant qu’une liste de procédés isolés.
  • Reste au service du texte. En analyse linéaire, tu suis l’ordre du texte et tu commentes les procédés au fil du passage ; en commentaire de texte, tu les regroupes à l’intérieur d’axes de lecture. Dans les deux cas, la figure n’est jamais le but : elle sert à démontrer une interprétation.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre une comparaison et une métaphore ?

L’outil de comparaison. « Il est fort comme un lion » est une comparaison (« comme ») ; « ce lion s’est jeté dans la mêlée » est une métaphore. Le rapprochement est le même, mais la métaphore l’impose sans le signaler, ce qui la rend plus dense et plus frappante.

Comment repérer rapidement les figures de style dans un texte ?

Cherche les anomalies plutôt que les figures. Un mot qui ne devrait pas être là, une répétition, une contradiction, une exagération, un son qui revient : chaque bizarrerie est presque toujours un procédé. Surligne d’abord, nomme ensuite.

Faut-il apprendre par cœur toute la liste des figures de style ?

Non. Une quinzaine de figures couvre l’immense majorité des textes : celles de cette page suffisent largement. Mieux vaut savoir en analyser cinq finement que d’en réciter quarante. Apprends-les avec un exemple accroché à chacune — c’est l’exemple qui fait tenir la définition en mémoire.

Tu confonds encore oxymore, antithèse et litote ? Révise-les en flashcards sur Yoovi : définition d’un côté, exemple de l’autre, jusqu’à ce que ça devienne automatique.

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